ou
SOIR?
La Gifle………………….la vraie
Je me dis après tout, je représente une valeur intellectuelle, une valeur technologique certaine, enfin bref, j’avais la certitude de retrouver un job, sans problème.
Démarche à l’ANPE, démarche aux ASSEDIC, Inscription à l’APEC,…….ça c’était au cas où ? Avec la certitude que de toute manière cela ne servirait à rien.
Après tout cela le cœur en fête et plein d’une certitude inébranlable, je rentrai chez moi.
Pourquoi j'étais comme cela, et bien le chèque de la boite honnie, était…..,disons plus qu’intéressant, d’autant plus que les Impôts, l’Assedic….n’en verrait pas la couleur, tout bénéf……
Mais ma nature ne tolérait pas l’inaction, et me dis: ok, j’ai du fric, et si je retravaille tout de suite, et bien cela serait le pied, et j’entamai ce que
"Votre candidature à retenu tout notre attention, et la jugeons extrêmement positive pour notre entreprise"
Là vous buvez du petit lait, c’est gagné, ‘’in the pocket’’, on bande de joie, LE PACTOLE……..et la suite, on rajuste ses lunettes (pas vous, moi),
"Mais la conjoncture actuelle du marché ne nous permet pas d’envisager …..etc….
Mais au vu de l’intérêt que nous portons a votre CV, nous vous contacterons ultérieurement,"
Là ça débande, le p’tit laid, il a fait une grosse tache. En clair va te faire cuire un œuf et le classement de CV dans le broyeur….
Et un
jour, le jackpot, un rendez vous, nom de dieu, un rendez vous, ('non pas avec vous madame), avec un employeur, un mec qui avait besoin de mon talent,
de mon savoir, de ma créa….(bon ça suffit on sait que tu es un génie mais tout de même).
Je pris rendez vous, illico, au bout du fil voix jeune, paraissant dynamique, ça c’est un mec qui fait de la bécane, oui !
oui ! Comme ça au juger.
Le jour venu, tenue sobre, pas trop décontract (pour pas faire touriste, c’est pas encore les vacances), pas trop sévère (fallait quand même cadrer avec la moto,
merde elle est toute rouge la moto..bof !!).
Effectivement, le mec qui me recevait avait une Harley….la tuile, moi c’était une japonaise et une sportive, pas une moto de looser, une vraie quoi!….on verra !!
On
discute sur moi, mon job, mon cursus (mais on s’en fout le cursus il a 30 ans)….le pied et le mec me dit :
Bon on se revoit demain avec le DRH (digne représentant humain) et on signe, c’est à vous la bécane ? Une japonaise ? Pas trop
votre style !!! bon on en reparlera, alors à demain.
Sur la bécane je réfrénai mon enthousiasme, les 290, seront pour un autre jour…Pour moi l’affaire était dans le sac, 48 jours de chômage et HOP !! Un job.
Le
lendemain, vous parlez si j’étais à l’heure! la standardiste m’emmène dans une salle de réunion, je patiente 5 minutes, le mec harleytiste, me rejoint, et arrive Monsieur le DRH, serrage de
pognes, le Mr en question était assez impressionnant, sûr de lui, les 70 ans bien serré, compétent sans aucun doute, psychologue,là j’avais des doutes sur certaines remarques qu’il faisait, mais
l’affaire tournait à peu prés, quand il me dit :
-- Quel âge avez-vous
-- 50 ans
-- h! hum !!
conciliabule à voix basse avec son collaborateur..
Il me regarde et me dit tout de go !! vous ne pensez pas que vous êtes un peu vieux pour un tel poste, vous comprenez l’équipe est jeune….etc
Je n’entendais plus rien seul un mot résonnait dans ma tête
Vieux ! vieux! vieux ! vieux ! vieux ! vieux ! vieux !
Et là, je ne pus me retenir, je lui balançait mon poing sur la figure,
en grognant ça c’est d’un vieux, et sans rien attendre, repris mon dossier, mon casque, ma moto, et là la japonaise elle les fit ses 320 km/h (comme me l’avait dit un jour le vendeur)
De dépit je décidai de montrer à ces crétins que 50 ans était encore un âge de création (pas canonique), je me mis à mon compte, et finis ma carrière libre et indépendant.
La boite qui m'avait viré, n'a jamais pu sortir 3 produits (breveté par moi)
la boite qui m'a traité de vieux, a
embauché un jeune sans expérience, qui les a planté, ils m'ont recontacté en s'excusant, le DRH entre temps avait pris sa retraite, et je l'ai ai envoyé bouillir
La Gifle,
Ce fut le titre d’un film mais ce qui va suivre n’en est pas un remake.
Revenons à nos moutons, je disais, 50 ans, berges, piges, balais,….et j’en passe, que de nom pour ce passage obligatoire. Ce matin là, en prenant le premier café de la journée, je fus accueilli,
par le classique, bon anniversaire, et je me dis
-Ouf, voilà c’est fait, et bien que nenni, ce n’était pas fini.
Je repris un deuxième café, le premier n’ayant été que les
prémices d’une longue, très longue série de café et tout en mâchonnant un clope, je me préparai pour aller au boulot, mais oui mes chères amies et amis, j’avais un job.
Mis mon casque sur la tête (sans le clope bien sur), sorti la moto du garage, et pris la route.
Hé, oui, 50 balais et de la moto…Et pas une mobylette.
Et comme d’habitude arrivai à la boite, comme
d’habitude je…ah non ! il y a un changement, ma place était occupée, ça c’est pas comme d’habitude, je pris les escaliers en râlant, comme d’habitude, allai à mon bureau comme d’habitude
et….nom de nom que d’habitude…comme d’habitude houspillai un dessinateur qui n’avait pas fini son travail dans les temps, comme d’habitude.
Et puis le patron de la boite fit son tour, comme
d’hab.......Mais il y avait un changement dans son attitude, il avait un air, disons ennuyé, il vint vers moi et me demanda de l’accompagner à son bureau…..et ça ce n’était pas comme d’habitude,
j’allais m’asseoir com… et non! je dus rester debout,
Aa non plus ce n’était pas comme …….
Et la sans préambule, sans un mot, il me tendit, un chèque, et une lettre, et là je m’assis !
C’était une lettre de licenciement, dit économique, ça ce n’était pas banal.
Pas banal, parce que j’étais le patron du bureau de
recherches et développements.
Pas banal, parce que le service marchait bien et était
rentable
Pas banal, parce que nous allions sortir un produit
dont j’étais pour l’instant le seul à en avoir la maîtrise.
Pas banal, car le motif qu’il invoqua fut mon
âge.
Pas banal enfin car, l’effet était immédiat, le chèque
suffisait très largement à éteindre toutes velléités de Prud’homme, et surtout, l’échange verbal fut d’une brièveté EXEMPLAIRE.
C’était
la gifle, je me rééquipai, et assurai à ce charmant monsieur, qui avait quand même la bagatelle de 78 ans que :
C’était un pauvre connard
Qu’il n’entendrait plus parler de moi, en quelques circonstances qu’elles soient.
Assez dépité il partit, j’en profitai, pour rassembler certaines affaires, notamment deux études, et le projet qui allait sortir.
Pour moi ce fut la gifle la plus retentissante que j’eus à encaisser
Il y a comme d'habitude, une suite
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